Manuel Meune vous propose ici l’intégralité des rubriques parues dans l’hebdomadaire Voix de l’Ain en 2007-2008 pour
apprendre l’arpitan bressan avec Lucky Luke !

Luckyluke._arpitan_francoprovencal_patois_bressanExtraits commentés de Maryô donbin pèdu (traduction: Manuel Meune),
version bressane de La corde au cou (scénario : Laurent Gerra; dessin: Achdé)
Conception et explications: Manuel Meune.

Parcourir cet album est une façon amusante de se familiariser avec le bressan. Il n’est cependant pas toujours facile de lire cette langue que l’école n’a jamais enseignée et qui peut désorienter. Nous nous proposons donc d’aider ceux qui, à la lecture de l’album, ont peiné à entrer dans un univers inhabituel (ou ceux qui n’ont pas encore tenté de le faire…). Cette version condensée des aventures de Lucky Luke dans Maryo donbin pèdu (une vignette par page) contient la traduction précise, en français, des vignettes choisies (traduction qui ne correspond pas toujours au texte français original) ainsi que des explications linguistiques ou culturelles ne figurant pas dans l’album, qui permettront à chacun d’apprécier toute la saveur du bressan.

Le glossaire qui accompagne l’album reste un complément indispensable, mais ces précisions sur la grammaire et la prononciation, elles aussi, aideront ceux qui ne connaissent pas le bressan à en apprendre les rudiments (n’hésitez pas à vous entraîner en lisant à haute voix!), tandis que ceux qui le savent prendront peut-être mieux la mesure de la richesse d’une langue qu’ils ont eu la chance d’apprendre «naturellement».

Apprendre la langue bressane, pour quelqu’un qui ne la connait pas, demande des efforts soutenus – comme pour toute autre langue – et comme même dans les villages de Bresse on entend peu cette langue discrète sinon secrète, ces efforts peuvent paraitre surhumains. Pourtant, le bressan s’apprend bel et bien, et il n’est du reste nul besoin de connaître une langue dans toutes ses subtilités pour la faire vivre. Même si, inévitablement, l’accent de l’apprenti patoisant semblera approximatif comparé à celui du locuteur aguerri, quelques phrases lancées au détour d’une conversation suffiront déjà à rappeler que le bressan n’a pas dit son dernier mot… Mais au fait, d’où vient-il ?

Le bressan est une variante du francoprovençal, une langue née de l’évolution du latin à partir de Lyon, de la même façon que le français est le fruit de l’évolution du latin dans la région de Paris, et l’occitan le latin tel qu’il a évolué dans le sud de la France. Malgré son nom étrange, le francoprovençal (que certains préfèrent appeler arpitan) n’est aucunement un «mélange» de français et de provençal, mais bien une langue latine distincte, ancrée dans le centre-est de la France, la Suisse romande et le nord-ouest de l’Italie.

On a peu l’habitude de lire des textes en francoprovençal, mais ses différentes variantes – dont le bressan – ont souvent été utilisées comme langue littéraire (en particulier à partir du 16e siècle). Les locuteurs du «patois», comme on a pris l’habitude d’appeler les parlers francoprovençaux, parfois avec un certain mépris, ne sont donc pas des gens qui parleraient une langue «déformée», mais bien les héritiers d’une tradition séculaire qu’il ne tient qu’aux jeunes générations de s’approprier!

Le dialecte francoprovençal qu’est le bressan comprend lui-même plusieurs variantes. Les patoisants le savent bien et préfèrent souvent insister sur les petites dissemblances d’un village à l’autre, plutôt que sur les nombreuses ressemblances. En Bresse, on observe les principales différences entre la Bresse burgienne (au nord et à l’ouest de Bourg-en-Bresse), le Val-de-Saône, la Haute-Bresse (nord de la Bresse de l’Ain) et la Bresse louhannaise (dont seule une partie appartient à la zone francoprovençale). La variante proposée ici est celle du sud de la Bresse, le village de référence étant Confrançon, situé à mi-chemin entre Bourg et Macon.

Byè de plézi a toute é a tui!

Manuel Meune

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