Autocollant de l'ACA en 2008 (rédigé en arpitan de Savièse, Valais)

Autocollant de l’ACA (rédigé en arpitan de Savièse, Valais), 2008.

L’arpitan, également appelé « francoprovençal » (à ne pas confondre avec le provençal) est une langue à part entière, mais repérée seulement au XIXe siècle, et dont les spécificités et les frontières n’ont été définies qu’au courant du XXe siècle, ce qui explique qu’elle soit si mal connue (localement on dit sans complexe “le patois”).

Sa principale particularité réside dans la double évolution du A latin, qui est resté a sauf quand la consonne précédente est une palatale (c, ch, j, y, ly, gn, parfois r), auquel cas elle a évolué vers ié, é, i. C’est la raison pour laquelle on trouve l’infinitif chantar “chanter” à côté de changiér “changer”, et la formation du féminin des adjectifs jôno “jaune”, vèrd “vert” qui donnent jôna, vèrda (féminin en -a), tandis que rojo “rouge”, blanc “blanc” donnent roge, blanche (féminin en -e).

L’arpitan est parlé dans trois pays : l’Italie (vallée d’Aoste et 8 vallées piémontaises), la Suisse romande (sauf le canton du Jura) et la France (pays de Savoie, Lyonnais, Forez, nord-Dauphiné, sud de la Bourgogne (Bresse, Bugey, Dombe, Beaujolais..) et de la Franche-Comté). Les villes principales sont Aoste, Genève, Lausanne, Fribourg, Neuchâtel, Sion, Lyon, Grenoble, Chambéry, Annecy, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, Lons-le-Saunier et Pontarlier.

Carte de l'aire linguistique de l'arpitan. Distribuzione geografica dell'arpitano.

Carte de l’aire linguistique de l’arpitan. Distribuzione geografica dell’arpitano.

Sa riche littérature a commencé dès la fin du XIIIe siècle et s’est poursuivie sans interruption jusqu’au XXIe siècle. On y trouve de véritables chefs-d’œuvre, mais trop souvent ignorés.

Le terme « arpitan », repris au début des années septante (1970) pour répondre au besoin de lever la confusion générée par le terme « francoprovençal », a été officiellement choisi pour désigner la langue par l’ACA, lors de sa fondation en 2004.

Intervention au Parlement européen en faveur de la langue.

Intervention au Parlement européen en faveur de la langue.

Arpitan qui signifie montagnard ou berger, est formé à partir de la racine pré-indo-européenne alp-, dans sa variante dialectale moderne arp- ; en langue arpitane, ce mot ne désigne non pas la «montagne», une «forme de relief élevé», comme on le croit communément, mais les «pâturages de montagne où les troupeaux sont conduits et passent l’été».

Cette racine est présente dans de nombreux noms de lieux, tant en Haute-Provence (Arpasse, Arpette, Arpillon, …), qu’en Dauphiné (Arp, Arpion,Arpisson, …), qu’en Savoie (Arpettaz, Arpeyron, Arpiane, …), qu’en Valais (Arpette, Arpache, Arpitetta, …) et que sur le versant italien (Arpet, Arpetta, Arpettaz,…). On retrouve cette racine ou sa variante en Lombardie, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.

Francoprovencal-Arpitan-francoprovenzale-Dialect-Map-1

L’Arpitanie ne désigne pas un territoire politique, mais un ensemble de régions européennes (suisses, italiennes et françaises) géographiquement cohérent – hormis un petit isolat en Italie du sud – ayant la langue arpitane en commun. Chaque région possède ses propres dialectes arpitans, ce qui n’exclut pas l’intercompréhension avec les autres régions.

Quant aux termes espace arpitan et aire arpitane, ils désignent l’espace où l’on parle arpitan.

Arpitanophone: dont un patois arpitan est la langue.

Franpitan: français régional (ou plutôt arpitan francisé) parlé dans l’aire linguistique arpitane.

Carte des langues romanes en Europe.

Carte des langues romanes en Europe.

Les langues de Suisse. Copyright Ethnologue.

Les langues de Suisse. Copyright SIL International.

Les langues de France. Copyright Ethnologue.

Les langues de France. Copyright SIL International.

De nombreuses associations se consacrent au maintien et à la revitalisation de l’arpitan dans sa diversité. Nous citerons principalement: