« Reconnaître, valoriser, promouvoir l’occitan et le francoprovençal, langues régionales de Rhône-Alpes » était le titre du rapport soumis à l’examen en séance plénière le 9 juillet 2009.

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Celle-ci commence par le rappel d’une modification récente de la Constitution qui reconnaît maintenant que les langues régionales font partie du patrimoine commun de la nation (Art. 75-1). La diversité linguistique est un élément de la biodiversité; de nombreuses langues sont menacées comme de nombreuses espèces. Sur le territoire de Rhône-Alpes, l’occitan est parlé dans la Drôme et l’Ardèche, au sud de l’Isère (Trièves) et sur une petite partie de la Loire, et l’arpitan sur tout le reste de la Région. Le rapport invite à adhérer à l’ARF (Association des Régions de France) et à sa plateforme qui encourage au plurilinguisme.

Les rapporteurs des Groupes interviennent ensuite pour donner leur position. l’UMP ne souhaite pas participer au débat qui est jugé inopportun en période de crise. Le Centre, non plus. Le PRG soutient la démarche culturelle mais émet des réserves sur l’adhésion à l’ARF car il refuse le bilinguisme qui est préconisé dans les services publics. Le Modem s’oppose au rapport (qu’il votera après amendement). Le FN apprécie la « démarche patrimoniale » mais estime qu’il vaudrait mieux encourager l’étude du latin et défendre le français menacé par l’anglais (il votera contre). Le PGA (Parti de gauche et apparentés) est favorable au rapport sous-réserve d’un amendement (rejeté par la suite). Les Verts dénoncent la loi Fillon qui défavorise l’enseignement des langues régionales, qu’il faut respecter dans un esprit de tolérance, ainsi que les langues issues de l’immigration (vote favorable). Pour le PC les langues sont un héritage, facteur d’intégration (vote favorable). Le PSEA (Pari socialiste et apparentés) salue le travail des militants linguistiques, dont Marc Bron (présent dans la salle), et estime que l’occitan et l’arpitan sont un élément fort de l’identité régionale (vote favorable). En conclusion du débat, l’Exécutif régional souligne que les langues riveraines du Rhône font l’identité de Rhône-Alpes et donnent du sens à cette entité administrative qui en était dépourvue. Il propose un amendement renonçant au bilinguisme pour les sevices publics, prévu dans la plate-forme de l’ARF. L’amendement est adopté. Pour: Modem, PC, PSEA, PRG, les Verts; Contre: FN, PGA, Centre. L’UMP ne prend pas part au vote. La délibération amendée est adoptée et le Président J.-J. Queyranne vient saluer les militants et chercheurs occitans et arpitans à la tribune des visiteurs.

Retrouvez ici le procès verbal de l’assemblée plénière.

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